Anne-Lyse a été enseignante au Pérou de septembre 2008 à juin 2009. Partie pour travailler quatre mois dans un centre de langue d’une petite ville au nord du Pérou, elle est finalement restée jusqu’en juin. Interview.
J’avais envie de partir enseigner à l’étranger depuis longtemps. Au départ, je pensais plutôt à l’Europe pour rester pas trop loin de chez moi. L’envie d’aller plus loin est née petit à petit.
J’avais envoyé des candidatures dans plusieurs pays et la première proposition est venue d’une école à Madagascar. J’étais très motivée mais il fallait que je vienne accompagnée. Selon eux, c’était trop dangereux, seule, à cause du climat politique.
Avoir plusieurs pistes c’est donc important. Le premier projet peut tomber à l’eau et il faut pouvoir rebondir, dépasser la déception. Et bien se renseigner sur le pays, sa situation politique, le contexte social…
Non, ce choix est lié à des rencontres. Je vivais en colocation avec des personnes parties au Pérou. Elles avaient monté une association, Noi Rao, qui a pour objectif de valoriser la culture des indiens Shipibo. Et, du coup, j’étais baignée dans une ambiance péruvienne. J’ai donc commencé à découvrir ce pays à travers leur regard. Ca a renforcé mon envie et, après l’échec de Madagascar, j’ai décidé d’orienter mes recherches vers le Pérou.
Au moins six mois pour faire toutes les démarches : mutuelle, sécu, banque, visa, billet d’avion, vaccins… Il faut imaginer son budget, se renseigner sur les aides, déposer une demande. Et préparer son arrivée, son séjour sur place.
Au début, je ne savais pas par quel bout commencer. J’ai utilisé internet, consulté des forums de voyageurs dont celui du Routard, mais cela restait flou. Mes colocataires ont été mes premières sources. Les médecins m’ont renseigné sur les questions de santé. Je suis aussi allée au Centre Information Jeunesse ainsi qu’à l’association Jeunes à Travers le Monde, cela m’a aidé dans mes recherches et j’ai découvert que je pouvais solliciter une bourse. Un site m’a été très utile, avant et pendant, c’est celui du Ministère des Affaires Etrangères. Et puis, parler de son projet autour de soi débouche sur des tuyaux, des contacts.
Cela faisait un moment que j’économisais régulièrement pour ce projet. Ensuite j’ai recherché des aides. J’ai obtenu une bourse jeune professionnel de Jeunes à Travers le Monde qui m’a également apporté des outils pour construire un budget, une étape pas évidente mais indispensable.
Avant de partir, j’avais contacté une association franco-péruvienne dont on m’avait parlé, Mano a Mano, qui vient en aide au développement dans les bidonvilles et travaille dans le cadre du tourisme solidaire. Je suis allée les voir dès mon arrivée. Ils m’ont aidé dans mes démarches, m’ont donné des conseils pratiques. Le lien avec cette association était également important car j’ai organisé à pour eux une collecte de matériel de classe dans l’école où je travaillais en France. Une manière de sensibiliser mes élèves à la solidarité internationale et de partager mon projet. Après Lima, j’ai rejoins l’équipe du centre de langues à Chachapoyas où tout s’est très bien passé.
Au départ, c’était d’avantage une attente de ma famille et de mes amis. Ils ont pu voir où je vivais, suivre ce que je faisais. Cela me permettait de les rassurer et de ne pas raconter plusieurs fois la même chose. On prenait plus de temps pour échanger par rapport au quotidien. Finalement, j’y ai trouvé aussi un intérêt au retour. Il garde la marque de ce que j’ai vécu pendant un an. J’ai également pu donner une suite à la collecte pour Mano a Mano en diffusant des informations aux élèves et aux familles. Et aussi faire connaître la petite école où j’ai travaillé.
Je devais rentrer au bout de quatre mois et j’ai finalement décidé de rester plus longtemps pour découvrir la côte. J’ai trouvé des petits boulots grâce à des amis, et aussi des postes d’enseignante en m’adressant directement aux alliances françaises, à la faculté. J’ai également participé à un chantier de fouilles. Bref, mon projet s’est modifié. Des ramifications sont nées au fur et à mesure.
On dit toujours qu’il faut le préparer autant que le départ. Ce n’est pas si facile. Les gens avec qui on a partagé cette expérience sont restés là-bas. Et ce n’est pas la même chose d’en parler ici. Il faut aussi être conscient qu’on doit le gérer seul et que c’est différent pour chacun. En fait, j’avais encore envie de prolonger l’expérience, même si la famille et les amis me manquaient.
Le blog d’Anne-Lyse : http://annelyseauperou.blogspot.com
Association Noi Rao : http://noirao.blog4ever.com/blog/in…
Association Mano a Mano : http://limamam.ifrance.com/
Ministère des Affaires Etrangères : www.diplomatie.gouv.fr
Jeunes à Travers le Monde : www.international-jtm.com